Le gouvernement canadien ayant entrepris de reconstruire la citadelle et une partie de la ville en témoignage du passé, des fouilles archéologiques furent entreprises et aboutirent à la découverte de nombreux tessons de céramique artisanale.
Parmi ces vestiges de céramique artisanale, des plats et des pièces de forme ornés de motifs à lambrequins, de broderies en camaïeu bleu et rouge, identifiés comme des faiences de Rouen. Des motifs extrème-orientaux en camaïeu bleu et manganèse, des pichets et des vases à décor de grosses fleurs stylisées jaune signalent l’importation de faiences de Nevers. D’autres décors de dentelles et de grotesques vert et manganèse, attestent de céramique artisanale en provenance de Moustiers à cette époque.
Parmi de nombreux vestiges de céramique artisanale saintongeaise et de faience régionale, des pièces de faience utilitaire et de faience décorative telles que jattes, assiettes, tasses, bols, gobelets, vases, cache-pot sont décorées de bouquets très stylisés de sainfoin accompagnés d’accolades, de quadrillages, de rameaux chargés de fruits ou de dentelles. Ces décors caractérisent la production de céramique artisanale de la manufacture de La Rochelle des années précédant 1758. Ces tessons sont peu nombreux au regard de ceux qui témoignent des productions de faiences de Rouen, de faiences de Nevers ou de faiences de Moustiers. La raison en est que la production rochelaise n’intervint que tardivement. L’exportation vers le Canada de cette fabrication de céramique artisanale se situa entre 1722, date de la fondation de la manufacture de l’Hôpital Général, et 1758, année marquée par la prise de Louisbourg.