Le port de La Rochelle, à l’époque qui nous intéresse pour les échanges de marchandises et en particuliers les exportations de céramiques régionales, était l’un des 5 ports privilégiés du royaume autorisés à commercer avec les Iles d’Amérique. Ce trafic commercial se faisait avant tout par mer grâce à l’intense cabotage qui reliait La Rochelle aux pays hanséatiques, à la flandre impériale et au nord de la France, mais aussi par voie de terre avec les provinces du royaume faisant partie des 5 Grandes Fermes et les pays voisins : Espagne, Italie, Suisse.
Les marchandises (dont la grande variété de céramiques régionales) étaient embarquées pour St Domingue, La Guadeloupe et La Martinique d’où elles étaient distribuées vers Le Canada, l’Acadie, Québec, Trois Rivières et Montréal.
Le fleuve St Laurent, inaccessible pendant les longs mois d’hiver, rendait nécessaire cette navigation par cabotage. En retour épices, café, sucre, et peaux étaient embarqués pour La Rochelle, les négociants et marchands se chargeant de redistribuer ces marchandises dans tout le royaume et les pays voisins. Les céramiques régionales suivaient les mêmes itinéraires.
A partir de sa fondation en 1713, la ville de Louisbourg, située à l’embouchure du St Laurent, servit de bastion avancé, protégeant nos possessions canadiennes et fût, jusqu’en 1758, le but de nombreux voyages de droiture, car sa rade était accessible aux navires à tout moment de l’année. Elle recevait donc une grande partie des marchandises en provenance de France (et généralement de très nombreuses céramiques régionales). Occupée en 1745 par les miliciens de la Nouvelle-Angleterre, elle fût rendue à la France en 1748 par le traité d’Utrecht. Elle fut de nouveau assiégée en 1758 par les anglais au début de la guerre de 7 ans, et rasée en 1760.