La première faiencerie rochelaise fût créée en 1721, au lieu dit La Digue près de Port-Neuf, par Joseph Catarnet, ouvrier faiencier originaire de provence. Le style provençal de certains décors n’est d’ailleurs pas étranger à cette origine familiale. Les ouvriers pressentis pour y travailler l’ayant abandonné, Joseph Catarnet se voit dans l’obligation de surseoir à son projet et l’atelier ferme ses portes à la fin de l’année 1721. Au cours de cette période, seule la fabrication de vaisselle céramique d’usage a pu être entreprise.
Après cet essai infructueux, Joseph Catarnet au début de 1722, vint proposer aux administrateurs de l’Hôpital Général de la ville d’y construire une faiencerie. Le projet est accepté, mais Joseph Catarnet meurt 2 mois après, en ayant préalablement désigné son successeur : François Morelon.
La manufacture est installée dès avril 1722 et va produire jusqu’en 1725, année où François Morelon se retire, remplacé par guillaume Duboc, ouvrier tourneur. Les ateliers tournent au ralenti jusqu’en 1727 lorsque les fours sont éteints. De cette période on retient la production des pots à pharmacie pour les besoins de l’apothicairerie de l’Hôpital, pots très inspirés par les productions des faiences de Nevers et des faiences de Rouen.
Vers 1746, une nouvelle manufacture fût établie à Marans grâce à l’initiative de 2 notables, Jean Baptiste Bottelin de Lincé et Pierre Rousseincq. Ils chargent un ouvrier faiencier, formé dans les différents ateliers de fabrication des faiences de Nevers, Antoine Couanon, de la direction de la faiencerie. Mais l’installation est précaire et la production défectueuse.
Jean Baptiste Bottelin de Lincé, déçu des résultats obtenus, se retire en 1748. Pierre Rousseincq transporte les ateliers dans sa propriété voisine et poursuit la fabrication avec l’aide financière que lui apportent 2 négociants rochelais : Henri Brevet et Daniel Besse de la Barthe avec lesquels ils s’associent. L’absence d’ouvriers qualifiés ne permet pas d’améliorer la qualité des fabrications et Henri Brevet abandonne à son tour. La société est dissoute en 1751. Pierre Rousseincq reste seul avec son fils qui termine son apprentissage. La mort de Pierre Rousseincq en 1754 signe la fin de la manufacture dont les fours s’éteignent en 1756. Durant cette période, dont il ne reste pratiquement aucune pièce (nous ne connaissons de façon certaine que des assiettes à cordon bleu, des pots canon et un tonnelet polychrome), les décors sont encore très proches de ceux des faiences de Nevers et des faiences de Rouen.